Une véritable réconciliation pour les peuples autochtones
Nous devons rendre justice aux peuples autochtones du Canada.
Deux siècles de mauvaise foi, de déni et d'extermination ont laissé une plaie béante au sein du corps politique canadien. Nous devons réparer les graves injustices du passé qui persistent dans la mémoire des peuples autochtones du Canada afin qu'ils puissent, avec nous, progresser dans une relation d'égal à égal fondée sur le contrôle autochtone de la disposition et de l'utilisation de leurs terres traditionnelles.
Le problème
Il est difficile de saisir pleinement l'ampleur de l'injustice et du désavantage historiques qui pèsent lourdement sur la vie des Premières Nations, des Inuits et des Métis vivant aujourd'hui au Canada. De nombreuses études, rapports, enquêtes et analyses post-mortem témoignent de l'ampleur des maux sociaux, culturels et économiques infligés aux peuples autochtones de ce pays, si bien que les archives publiques révèlent, dans l'ensemble, un échec retentissant de tous les paliers gouvernementaux. La responsabilité de ce traumatisme multigénérationnel incombe à un ensemble de politiques délibérées dont l'objectif premier était d'anéantir les droits fonciers autochtones et, en fin de compte, de promouvoir l'assimilation et l'absorption des Autochtones. Nous continuons de subir les conséquences de cette exploitation historique, marquée par la confiscation ou l'exploitation des territoires et des ressources autochtones, en dépit des normes internationales garantissant leurs droits à l'autodétermination, aux terres et aux ressources. Nous devons maintenant assumer la responsabilité de ce bilan des institutions, lois et politiques coloniales et assimilationnistes qui ont été responsables du logement insalubre, de la malnutrition, de la perte de culture, de langue et d'identité, et du manque de possibilités éducatives et économiques parmi les peuples autochtones de ce territoire, ce qui, ensemble, a entraîné des problèmes de santé, des maladies liées au désespoir, la toxicomanie et, en fin de compte, une réduction de l'espérance de vie chez les peuples autochtones
Notre solution
Vision 21 Canada estime que nous devons traiter les peuples autochtones d’une manière qui respecte leur dignité inaliénable en tant qu’occupants originels de ce territoire. Cela implique de définir et de mettre en œuvre des approches respectueuses et constructives pour remplir les obligations juridiques et constitutionnelles du Canada découlant des traités et accords conclus avec les Premières Nations. En fait, ces traités avec les Premières Nations devraient être respectés avec la même intégrité et la même constance que celles dont ont fait preuve les signataires du Traité de Paris de 1763 (Grande-Bretagne, France et Espagne) et du Traité de Jay de 1794 (Grande-Bretagne et États-Unis) pour respecter les dispositions de ces traités internationaux. Les peuples autochtones, qui vivaient autrefois dans des communautés et des villages sédentaires, exerçaient une souveraineté sur les terres et les ressources de leurs territoires, avaient établi des pratiques commerciales et d’échanges, un système de droit coutumier et un profond respect pour l’environnement et les autres espèces avec lesquelles ils coexistaient. Leur prospérité a été brutalement empêchée. Pour véritablement favoriser la reconstruction spirituelle et matérielle des peuples autochtones, nous, Canadiens non autochtones, devons accepter que, pour que les nations autochtones exercent leur souveraineté, le Canada doive renoncer partiellement à la sienne. Autrement dit, nous devons honorer, respecter et respecter les engagements écrits que la Couronne, les autorités coloniales et les gouvernements modernes ont pris envers les peuples autochtones par le passé. Cela entraînera inévitablement la cession ou le transfert de terres et de ressources, la restitution dans certains cas, et des paiements compensatoires et des transferts de richesse dans d'autres, mais il n'existe pas d'autre approche juste dans les circonstances actuelles. Concrètement, nous devons nous débarrasser des derniers vestiges de notre État postcolonial et créer un système plus juste et plus équitable dans la moitié nord du continent.
Pour ce faire, il est toutefois indispensable de déployer des efforts concertés afin d’améliorer l’éducation, les droits humains et juridiques, ainsi que les conditions de vie fondamentales des peuples autochtones. En bref, CV21 estime que le gouvernement fédéral doit prendre les mesures suivantes :
Honorer les devoirs et obligations que nous avons envers les enfants et les jeunes autochtones en vertu de la Déclaration canadienne des droits de la personne de 1948. Cela signifie (conformément aux articles 22 à 27) veiller à ce que leurs familles aient accès aux nécessités de la vie : soins prénatals et à la petite enfance, logement convenable, alimentation adéquate, un niveau d’éducation primaire comparable à celui du sud du pays, la participation à des activités culturelles et sportives, et un engagement à préserver les langues autochtones d’une manière compatible avec le soutien offert aux familles du sud qui souhaitent scolariser leurs enfants dans l’une ou l’autre de nos deux langues officielles;
Veiller à ce que le plus grand nombre possible de jeunes des Premières Nations, Inuits et Métis terminent leurs études secondaires et obtiennent leur diplôme. Pour les jeunes autochtones vivant dans des communautés éloignées où il n'y a pas d'écoles secondaires, cela signifie s'assurer que le transport vers les communautés d'accueil et l'hébergement au sein de celles-ci soient aussi propices que possible à la poursuite des études secondaires, et que ces communautés offrent un environnement accueillant et intégratif, sur le plan psychosocial, aux jeunes autochtones vivant loin de chez eux;
En raison des préjudices causés par les établissements d’enseignement et de santé confessionnels aux Autochtones comme aux non-Autochtones, il est temps d’exiger que, désormais, les fonds publics soient uniquement alloués à des institutions laïques. CV21 estime que le Canada doit veiller à ce que les dogmes cléricaux ne soient plus présents dans la gouvernance, les politiques, les pratiques pédagogiques et cliniques de nos écoles et hôpitaux.
Répudier les concepts fallacieux de la Doctrine de la découverte et de la terra nullius dans toutes les structures, lois et politiques de gouvernance fédérale qui ont été utilisées pour nier, déformer ou éteindre les revendications territoriales autochtones;
Adopter et mettre en œuvre pleinement la Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones (DNUDPA) comme cadre de réconciliation au Canada pour l’avenir;
Mettre en œuvre d’urgence l’appel à l’action 92(i) de la Commission de vérité et réconciliation du Canada. Celui-ci exige que les gouvernements et autres parties prenantes « s’engagent à mener des consultations significatives, à établir des relations respectueuses et à obtenir le consentement libre, préalable et éclairé des peuples autochtones avant d’entreprendre des projets de développement économique ». (Faire pression sur les peuples autochtones pour qu’ils approuvent des projets d’exploitation des ressources destructeurs pour l’environnement afin d’améliorer leur situation de pauvreté actuelle ne saurait constituer un consentement libre et éclairé.)
Intégrer les valeurs autochtones traditionnelles de respect, de réciprocité et de gérance du territoire dans nos politiques d’utilisation finale des ressources afin de mieux protéger notre patrimoine naturel composé de sols, de prairies, de forêts et de plans d’eau pour les générations futures. De plus, il est essentiel de reconnaître le rôle vital des peuples autochtones dans le soutien et la reconnaissance de la souveraineté, des droits et des revendications territoriales du Canada dans le Nord et l’Arctique. CV21 estime que leur présence, leurs connaissances traditionnelles et leur gestion du territoire ont été, en réalité, des éléments fondamentaux des fondements juridiques, constitutionnels et géopolitiques du Canada.
Afin d’accroître la confiance des peuples autochtones dans le système juridique canadien et de renforcer l’engagement croissant des tribunaux envers le droit autochtone dans leurs jugements, des personnes autochtones qualifiées devraient être nommées à la Cour suprême du Canada.